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Agathe Lapierre – policière

Agathe Lapierre – policière

Pourquoi et comment avez-vous choisi votre profession? Avez-vous été influencée par quelqu'unE ?

J'ai choisi cette profession en raison de mon grand intérêt pour la discipline et pour le respect des lois. Ce choix a été influencé par mes années passées dans le mouvement des cadets. Je trouvais qu'il y avait un lien entre les deux, qui était plus que l'uniforme vert.

Comment a réagi votre entourage lorsque vous leur avez annoncé votre choix? Avez-vous eu du soutien de votre famille/amiEs ?

Il n'y a personne dans ma famille qui a fait ce choix de carrière. C'était donc une première et mes parents en étaient très fiers. Il est certain que les commentaires « Tu m'donneras pas d'tickets » ou bien « T'es mieux de ne pas être trop chienne » sont revenus souvent. Je m'y suis habituée. De plus, mon père avait quand même certaines craintes. Il trouvait que c'était dangereux. Du côté de mes ami(e)s, je crois que tous m'ont dit « Je te vois là-dedans ».

Avez-vous dû quitter votre milieu pour étudier, vous former ou pratiquer votre profession ?

Pour les études collégiales, j'étais bien contente de me déplacer. J'étais originaire de Causapscal et j'ai dû déménager à Rimouski. C'était une bien courte distance à parcourir. Ensuite, j'ai dû étudier 15 semaines à l'École nationale de police du Québec située à Nicolet. Cependant, je n'ai pas eu à déménager, car c'est un internat. Nous devions manger et dormir à l'école pendant la semaine. Je retournais dans mon coin les fins de semaine. J'ai ensuite été embauchée par la Sûreté du Québec. C'est à ce moment-là que j'ai su la terrible nouvelle : je devais déménager à Gaspé. Une ville dont je ne connaissais rien et qui semblait si loin. J'aurais pu refuser, mais cette décision aurait retardé mon embauche. Cette terrible nouvelle s'est rapidement transformée en la plus belle période de ma vie. J'ai rencontré des gens attachants dans un endroit magnifique. Mes collègues sont devenus ma nouvelle famille.

Comment vos études se sont-elles passées? Avec les collèges masculins? Avec les enseignantEs ?

Il y avait plusieurs femmes dans mon groupe au collégial. Ça s'est donc très bien passé.

Que faites-vous concrètement dans votre travail ?

Tellement de choses. Je peux : répondre aux appels du public (infraction criminelle, infraction en matière de sécurité routière, etc.); effectuer des opérations en matière de sécurité routière; participer à des activités de prévention; faire la surveillance du territoire (patrouille); faire des enquêtes criminelles; rencontrer des victimes et des témoins; interroger des suspects; témoigner à la cour; etc. En fait, on ne sait jamais ce que nous allons faire dans une journée.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées (en formation ou en emploi) ou auxquelles vous faites encore face (discrimination, difficulté à l'embauche, intégration) ?

De mon côté, je n'ai pas réellement eu de difficultés. C'est peut-être en raison de mon gabarit. Mais, j'ai constaté qu'il y avait encore des réticences de la population envers les policières plus petites. Il arrive encore d'entendre certains commentaires déplacés envers ces dernières.

Quelles sont les exigences de base pour faire ce travail? Quels défis rencontrez-vous ?

De base, il faut avoir certaines qualités qui « riment avec la police » comme l'intégrité, l'honnêteté et le respect. De plus, il est pratique d'avoir un bon esprit d'analyse pour bien faire les liens entre toutes les informations qui nous sont transmises. Pour moi, ce qui représente un défi, c'est d'avoir un bon contrôle de soi. Je suis une personne plutôt stressée. Je dois donc contrôler cela pour réussir à travailler dans des situations plus risquées.

Quelles sont vos plus grandes satisfactions à l'égard de votre travail ?

L'impression de donner à ma communauté. De plus, je tiens à mentionner que je suis grandement fière et satisfaite de moi lorsque je viens à bout d'une enquête ou que je parviens à obtenir des aveux d'un suspect.

Le fait d'être une femme amène-t-il une réalité particulière dans votre milieu ?

Dans certaines interventions, nos collègues masculins semblent plus craintifs. Ils se préoccupent beaucoup de notre état au lieu de porter toute leur attention à l'événement. De plus, du point de vue physique, ce n'est pas toujours facile. Je ne suis pas aussi forte que la majorité ou même la totalité de mes collègues. Dans certaines circonstances, je dois utiliser d'autres stratégies, comme la communication, pour parvenir à mes fins sans avoir à intervenir physiquement.

Si vous aviez le choix, que changeriez-vous dans votre parcours ?

Rien. Je suis fière de mes accomplissements.

Quels trucs ou conseils aimeriez-vous donner à des jeunes filles qui veulent exercer votre profession ?

Il ne faut pas prendre personnel tout ce que l'on se fait dire. Cela s'applique à l'École nationale de police du Québec et aux lieux de travail. À l'école et dans le poste, il faut savoir que les commentaires des collègues servent à nous améliorer. À l'extérieur, il faut avoir une carapace pour faire abstraction de tous les commentaires négatifs que l'on peut recevoir de la population.

Pour devenir policière, il faut obtenir un DEC en techniques policières et par la suite, réussir le programme de formation initiale de l'École nationale de police de Nicolet en patrouille-gendarmerie.

Visitez le site Web de l'École nationale de police du Québec

T: 581 886-4650

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